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Christine Lagarde ne paie pas d'impôts. Et alors?

Comme il fallait s'y attendre les déclarations maladroites de Christine Lagarde au Guardian ne sont pas tombées dans l'oreille d'un sourd et ont fait beaucoup de vagues. La patronne du FMI y déclarait en particulier que les Grecs auraient moins de difficultés au quotidien s'ils commençaient par payer leurs impôts, elle y confiait penser tous les jours "à ces petits enfants d'une école d'un petit village du Niger qui n'ont que deux heures de cours par jour je pense qu'ils ont davantage besoin d'aide que la population d'Athènes." 
Bien sûr, placer les problèmes que rencontre les Hommes sur une échelle des souffrances est stupide, il y a des compétitions qu'on aimerait ne pas gagner et on trouvera toujours plus malheureux que soit, je suis certain qu'il y a quelque part sur la planète des enfants qui souffrent encore plus que ces petits Nigériens. Mais sur le fond C. Lagarde a raison. 

D'abord dans le nom Fonds Monétaire International, il y a le mot international, qui nous rappelle que cet organisme a comme domaine d'intervention le monde entier et pas seulement l'Europe, même si le fait que son directeur général a toujours été un Européen et la focalisation des médias sur la crise que traverse la zone euro pourraient nous faire croire que cet organisme a comme vocation de ne s'occuper que du vieux continent.
Ensuite Madame Lagarde pointe du doigt le problème majeur de la Grèce, celui qui explique en grande partie ses problèmes financiers; La collecte de l'impôt est inefficace. Les plus riches grecs, c'est-à-dire les armateurs en sont exemptés de manière immorale mais tout à fait légalement, les religieux moins riches mais très nombreux ne paient pas non plus et le reste de la population fraudent massivement.

Dette espagnole et Italienne: la mort à petit feu

L'encre du traité établissant le Mécanisme européen de stabilité est à peine sèche que déjà s’élèvent des voix dont celles; du secrétaire générale de l'OCDE, du FMI et de la Commission européenne, pour demander une augmentation de la capacité du fonds de secours aux pays en difficulté de la zone euro.

Le motif; "Bien qu’il ne soit pas clair aujourd’hui que l’on ait besoin d’actionner un fonds de cette envergure, son existence sera de nature à renforcer la confiance" précise un rapport de l'OCDE ce mardi.
Le chiffre; 1.000 milliards d'euro (jusqu'en 2014 et peut-être plus après) contre 740 milliards actuellement!  
Quand on parle pognon, à partir d'un certain chiffre, tout le monde écoute, mais à partir d'un autre chiffre, personne ne comprend car cela dépasse l’entendement. 740 milliards, c'est l'addition de la dette des trois pays de la zone euro déjà secourus par la Troïka (FMI, la BCE et les pays de l'Union européenne); Irlande, Portugal et Grèce avant restructuration de la dette, plus un petit reliquat de 40 milliards pour se donner de la marge...on n'est jamais à l'abri d'une mauvaise surprise. 1.000 milliards, c'est nos trois pays sous assistance respiratoire plus le stock de dette publique à renouveler jusqu'en 2014 pour l'Espagne et l'Italie, les deux suivants sur la liste des maillons faibles.

L'AMF doit-elle ouvrir une enquête contre Lagarde?

Quelle mouche a donc piqué la directrice générale du FMI pour qu'elle déclare cette semaine que les banques européennes devaient être recapitalisées!
Cette sortie n'est pas passée inaperçue. Elle a été applaudi par les banques anglaises qui ne se sentent nullement visées par cet avertissement et qui comme tout commerçant se réjouit toujours des ennuis rencontrés par ses concurrents. L'incompréhension est la réponse des très polies banquiers centraux européens et des dirigeants politiques de l'UE.

Madame Lagarde a-t-elle voulu montrer au monde entier son indépendance en mordant la main qui l'a nourrie -les pays européens se sont levés comme un seul homme pour porter sa candidature-? Si c'est le cas il y a des manières plus subtiles de le faire, pas besoin de rameuter la presse pour cela.

Lagarde au FMI: chronique d'une mise à mort annoncée

On entend souvent dire que quand on fait appel à une femme pour une fonction à haute responsabilité c'est le signe que la situation est désespérée. Christine Lagarde, qui a de fortes chances de prendre dans quelques jours la succession de Dominique Strauss-Khan à la tête du Fonds monétaire international, va peut-être confirmer cette règle. Rassurez-vous, son destin sera surement moins tragique que celui de Jeanne d'Arc.
  
Oui, la situation de quelques pays européens est désespérée, car ni le président Sarkozy ni DSK n'ont, comme tous les deux et leurs admirateurs le claironnent, sauvé l'Europe et l'euro (voir un de mes précédents articles: Le bilan contestable du docteur DSK au FMI). Au mieux, ils ont gagnés du temps en accordant un sursit à la Grèce, au Portugal, à l'Irlande et quelques autres. Au pire, ils auront contribué à appauvrir le reste des pays européens qui ont prêté de gros montants à des pays qui ne les rembourseront peut-être jamais.

Un timing cruel et injuste, mais le monde est injuste
 
Classiquement, les interventions du FMI se déroulent en trois temps;
1- Une mise à disposition d'argent frais qui sauve le pays d'une situation de cessation de paiement, c'était le rôle favori de DSK qui aimait  convoquer la presse et poser, en compagnie des grands dirigeants politiques, devant les photographes.
2- L'application des prescriptions d'économistes Washingtoniens (baisse des salaires et des retraites, dégraissage dans la fonction publique, augmentation des prix et des impôts, privatisations etc.), c'est très désagréable. Le patron du FMI envoie généralement ses sbires  pour faire ce sale boulot et les dirigeants politiques du pays concerné jurent leurs grands dieux devant les électeurs qu'ils n'ont pas le choix de dire non.
3- Enfin les sanctions en cas résultats insuffisants,c'est le supplice, mais généralement on en arrive pas à ce point entre gens de bonne compagnie.

Le bilan contestable du Docteur DSK au FMI

Autant la culpabilité de Dominique Strauss-Khan dans l'affaire de la chambre d'hôtel du Sofitel et son comportement vis à vis des femmes font débat, autant son bilan à la tête du FMI semble faire l'unanimité, si on excepte quelques troublions comme Mélanchon. Il y a comme une présomption de bonne gestion et une odeur de nécrologie dans l’éloge panégyrique de l'actions de DSK au FMI qu'on nous sert chaque matin dans la presse. Au mieux cela fait naitre un malaise et au pire éveille la suspicion.
Mon intention n'est pas de "frapper un homme à terre" - je fais le distinguo entre son action à la tête du FMI et ses démêlés judiciaires comme personne privée - je m'interroge plutôt sur ce consensus médiatique qui fait ressembler des articles de presse de grands journaux et magazines à de vulgaires publi-reportages rédigés par un spin doctor. En effet, quelque que soit le journal, le style et la structure des articles sont les mêmes, le fonds aussi à quelques nuance près, là où un journal de droite soulignera la "pensée commune" avec le président Sarkozy, celui de gauche mettra l'accent sur la coloration keynésienne de l'action Strauss-Khanienne, mais tous ont en commun de ne parler que des réussites supposées et des chantiers non terminés que "notre sauveur aurait pu accomplir, si il n'avait été stoppé dans son élan par les accusations d'une femme de ménage immigrée guinéenne et mère célibataire de surcroit". On nous assène des "vérités" qui ressemblent fort à des slogans, il n'y a pas de place à la critique. Comme Jean Bothorel, je crois que "le consensus c'est l'aliénation joyeuse".

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